Au bord de mer

J’irai demain au bord de mer, y reposer un peu mes rêves. Calmer de mon élan vital pour le nourrir encore plus fort , déborder de mes yeux les larmes , inonder de source mon coeur.

Mer jolie mer

je te regarde

et tu m’apaises

Je te ressens

et tu m’inspires

Tu fais renaître la lumière

De la clarté toi joli guide

Et quand le vent se fait trop fort

Et si la houle chasse mon pas

Je m’encre un peu plus en ta terre

Et me redresse dans l’effroi

Redevenue calme et sereine

Ton horizon semble noyer

Tous mes tourments et basses peines

Au creux d’une vague dépassée

J’irai demain au bord de mer, y reposer un peu mes rêves. Calmer de mon élan vital pour le nourrir encore plus fort , déborder de mes yeux les larmes , inonder de source mon coeur.

Carole HERSENT

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Au creux de sa paume

Au creux de sa paume

Il avait tendu la main à Jane et elle avait osé déposer la sienne dans sa paume en retour. Le regard était franc, presque difficile à tenir et à la fois, hypnotisant. À ce moment précis, Jane n’aurait voulu être nul par ailleurs qu’au creux de cette paume et se laisser glisser jusqu’à y rejoindre ses lèvres. Il faisait froid et elle tremblait, de peur aussi. Depuis plusieurs jours Jane était obsédée par ce moment et s’était surprise elle-même. Des mois, voir des années s’étaient écoulés durant lesquels Elle avait été courtisée par des hommes bien sous tous rapports, répondant à la liste des critères objectifs qu’elle s’était fixée pour être heureuse en couple.

Comme si l’amour se raisonnait.

Ainsi, aucun soulèvement de coeur, peut- être un frémissement, lui avait donné espoir. Inlassablement, elle mettait un terme à ces rencontres comme une condamnée à amour, condamnée d’avoir trop aimé.

La source etait sèche et absolument rien ne vivait plus. Or, il était impensable pour Jane, amoureuse de l’amour, de ne plus aimer. Elle avait pourtant capitulé. Elle continuait d’accepter des rendez- vous sans plus attendre la moindre étincelle, ni concrétiser la relation par soucis de ne pas faire souffrir l’autre par ce coeur de pierre, son coeur. L’apparence etait trompeuse, elle apparaissait douce et romantique mais Jane avait connu la guerre, celle qui vous terrasse et vous donne un instinct de survie que plus rien ne peut vous enlever. Sur la selle en cuir d’agneau tendre de son joli vélo Vert, elle serrait dans sa main son pendentif au creux du cou, l’émeraude de sa grand-mère qui n’avait d’égal que la profondeur sombre de ses yeux. Jane était boulversée. Elle ne se reconnaissait pas dans ce nouvel émoi. Elle pensait que sa vulnérabilité et son corps en manque de caresses lui jouaient des tours. Peut- être était-ce le cas. Un bourdonnement commençait à s’étendre comme la douceur d’un miel chaud dans sa poitrine. Son inclinaison à se pencher vers cet homme était innatendue, empreinte de tendresse. Elle avait simplement l’envie de s’unir à lui de se plonger dans ses bras pour ne plus s’échapper. Qu’il la retienne à lui jusqu’à la nuit prochaine et plus encore. Il naissait entre eux un sentiment palpable et indéfinissable, l’imprévisible entre ces deux êtres qu’aucun critère objectif ne rassemblait, si ce n’était la gentillesse et l’amour.

On peut prendre une main avec toute l’attention du monde, rendre l’instant plus long, plus doux et frémissant, ou bien juste l’effleurer ne pas oser la saisir. Il y a aussi cette main qui vous cueille pour la première fois, d’une manière pleine et franche. Nous n’avons plus qu’à ressentir l’abandon des deux corps qui circule juste entre le filet de peau, inondant les jeunes pretendants à l’amour.

Prendre la main, c’est comme donner un baiser, il en existe de mille feux, des délicats, des tendres, des profonds, des passionnés , des sexuels, des intenses, des émotifs, des sensibles, des désarmés.

On entend que l’amour frappe à notre porte quand l’on s’y attend le moins, quand on est plein de soi et encré dans la vie.

Jane n’était peut-être jamais assez rassasiée de vie.

Carole HERSENT

Je me fiche du regard des autres

Connaissez -vous cette sensation très agréable et profondément intime d’une porte qui s’ouvre en soi, apportant plus de clarté et de liberté à ce que nous sommes?

Lou en avait fait l’expérience en ce printemps 2019.

On a jamais fini de vivre et de s’apprendre.

Il peut suffire d’une rencontre, d’une parole, d’un clin d’œil, de la brume matinale qui exalte les sens, pour qu’une partie de vous s’illumine, abandonnant certains schémas, ancrés depuis trop longtemps.

Communément, nous les nommons les pensées limitantes: elles sont tout ce qui nous a forgé, pétri, défini malgré nous. Enseignés par nos parents, l’école, la société, la religion autant que l’athéisme, elles définissent notre groupe d’appartenance et évoluent au grès des décennies.

Ces pensées que l’on suppose anodines ne sont d’ailleurs pas inutiles car elles apportent cadre et nous protègent peut être un peu de nous-mêmes.

Ainsi, nous serons parents, nous éduquerons de cette manière nos enfants, nous serons en couple, reconnus par nos pairs, avec une belle maison, une automobile, un travail valorisant, une moto signe de notre réussite et un animal domestique. C’est toujours bien de donner son affection a un animal domestique, cela prouve que vous êtes une « bonne personne ».

Il n’y aura aucune vague en surface et le cours de la vie se déroulera ainsi, une belle vie.

Néanmoins, rien n’est si simple car à trop écouter ces schémas, nous oublions d’entendre notre voix intérieure.

La précieuse qui dit-on est reliée à notre âme, celle qui nous fait cueillir cet état de joie, d’amour et d’exaltation. Ce sentiment qui nous fait nous sentir vivant.

La joie de vivre se nourrit à la sève de l’âme.

Ainsi, certaines batailles sont menées et font progresser notre seuil de tolérance, en luttant contre ces pensées limitantes.

Un Homme a le droit d’aimer un Homme, une femme de faire un enfant seule, l’amour dans un couple mixte peut fonctionner et les différences d’âges dans le verbe aimer ne sont plus ou presque plus un problème grâce à Madame Macron. On a le droit de voter à droite sans être un « égoïste » ou à gauche sans être un « assisté ». On a même le droit de penser qu’il peut et doit exister une autre forme de politique sans être taxé « d’idéaliste »!Ce n’est pas une fatalité de ne pas vouloir d’enfant, et cela peut être un choix que d’être célibataire. Si l’on est fusionnel en couple cela ne fait pas pour autant de nous de pauvres « dépendants affectifs ». De même que le romantisme n’est pas « fleur bleue », le sexe sans amour n’est pas mal non plus et non faire son deuil en plus de 6 mois n est pas nécessairement  » pathologique ».

Autant de termes réducteurs tenteront de remettre sur le droit Chemin, les goudous, les pédés, les lesbiennes, les marginaux, les féministes, les rêveurs, les dépressifs, les anormaux.

Ils sont ceux qui aurons affronté le regard de la société et de leurs proches pour exister en laissant courageusement épanouir leur voix intérieure.

La question est large, pourquoi la différence fait-elle toujours si peur?probablement au delà de l’inconnu parce qu’elle renvoie chacun de nous à son rapport à la liberté.

Lou était rayonnante ce matin, elle avait dépassé sa peur, Elle avait entendu sa voie intérieure. Elle se respectait. Peu importe ce que les autres penseront d’elle. Elle assumera pleinement ce qu’elle est, vivante dans l’instant, et à sa manière sera plus résistante et au coeur de nous mêmes. En pensant l’improbable, Elle est une dose d’amour universel d’utilité publique.

« A présent, je me fiche du regard des autres » se dit-elle en franchissant le seuil de son palier.

Carole HERSENT

Les racines du coeur

Les racines du coeur gardent leurs jeunes pousses

Il t’aurait bien été

Le costume des années

Souvent je t’imagine

Le visage émacié

Les printemps dépassés

Et le coeur qui s’enivre

Quand certains désespèrent

Passée la quarantaine

Quant ils comptent en vieillesse

Leurs années disparues

Mes racines du coeur

Me rappellent à foison

Je raisonne en passion

En couleur les saisons

Et dédouble de vie

Quant se lève l’automne

Demain mon grand frère

je viendrai

Sans aucune promesse vaine

Souffler à ton âme un baiser

Nourrir notre amoure sereine

Carole HERSENT

L’amour inachevé

De nous garder l’intact

Ne l’aurions mieux rêvé

L’amour inachevé

Le tremblement des sens

l’envol de nos baisers

Ta main qui me raccroche

Qui me pousse à la vie

Nos coeurs suspendus

À jamais réunis

Nous étions bien cachés

Personne pour entendre

Le froissement de la robe

La chaleur des souffles

La douceur de tes lèvres

Sur ma peau assoiffée

L’amour inachevé

ne s’arrête jamais

Carole Hersent

L’empreinte

je regarde mes 17 ans.

Et la photographie s’anime.

Il n’est que trop banal de vous dire que la vie a passé si vite…

Si le visage s’est creusé des sillons de mes rires et de mes blessures, l’essence intérieure est intacte et c’est ce qui m’étonne le plus.

Pouvez-vous fermer les yeux un instant et traverser le chemin et les couleurs de votre âme?

C’est troublant comme le souvenir de l’état intérieur dans lequel je me trouvais ce matin d’août à Dubrovnik reste vivant.

Je portais ma marinière préférée et mes sandalettes marrons déjà bien usées. Je crois que mes cheveux n’ont jamais été aussi longs.

Il faisait lourd mais un vent délicat rendait le climat supportable.

Dubrovnik était en paix.

Je faisais attention à ne pas me fouler les chevilles, déjà fragiles, sur les pavés irréguliers de la ville.

Nous avions eu le droit de nous doucher dans le camping-car, après un plein d’eau salvateur. Ma mère était belle et j’aimais la tenir par le bras. Mon frère portait son polo des vacances et ses yeux n’en paraissaient que plus verts. Il souriait d’envies et de découvertes. J’aimais ces voyages extraordinaires et sauvages, ces aventures incroyables que nous permettait de vivre mon grand-père et mon père, jusqu’aux portes de l’Asie.

Alors que j’accompagnais ma famille au restaurant, je songeais à l’habitant de mon coeur, en Normandie.

Je pensais que j’aimerai Philippe jusqu’à mon dernier souffle et avais gravé son prénom sur une fontaine d’Italie et sur les murets d’une plage de la Yougoslavie.

Je n’avais pas conscience de marcher dans ces rues fortes et fragiles.

Le monde qui m’habitait était celui d’une jeune fille, du présent, de l’amour.

Je me souviens que je me trouvais jolie, chose toute nouvelle pour moi.

La jeune femme apparaissait s’affirmant dans ses goûts et ses choix.

Finalement, cette essence n’a pas tellement changé…l’innocence à peine abîmée, renaît et rejaillit comme la joie, se renouvelle dans cette force quand bien même on la croyait détruite à tout jamais.

Et s’il ne reste plus d’hier

Que ton empreinte sur ma peau

Après les froids lambeaux d’hiver

La garderai précieuse au chaud

Du souffle pur jusqu’au printemps

La soulèverai au gré des vents

Et jusqu’au solstice d’été

Comme gardienne protègerai

Carole Hersent