Malgré tout l’univers

IMG_0403J’entendais ses talons qui claquaient, son pas était pressé, pressant, haletant.
Sans trop savoir ce qui m’attendait, j’affichais sur mon visage l’air dégagé de ceux qui ont tout à cacher.
Je suivais son pas tel un automate tiré par le fil invisible de mon coeur. Sans raison ni jugement, le battement était arrivé au débordement, jusque dans ma gorge, sèche et nouée.
Il me semblait que chacune des personnes que je croisais pouvait lire en moi, comme si j’étais déjà nue, comme si elles devinaient que j’allais aimer celui qui m’était interdit.
Enfin le verrou, enfin la délivrance: sentir ses deux mains emprisonner mon cou. Je me suis abreuvée à ses lèvres et n’ai quitté ses yeux que pour aimer son âme, tel un terrible aveu.

Car nous ne sommes que deux
Malgré tout l’univers
Et dans cette clarté
Nos ombres s’indiffèrent

Carole Hersent

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