L’enfance ensoleillée

Mon enfance était ensoleillée. Peu importe le temps, l’époque ou la saison, j’avais dans mon coeur toute la sécurité et la joie nécessaires à mon évolution. Je disposais de cette insouciance sans conscience que je la leur devais, à tous les trois. Mon père, ma mère et mon grand frère.
Chacun d’eux a contribué à cette sensation de bonheur.
Car le bonheur n’est-il pas que cela, un léger feu tapi au centre de nous même , prêt à s’enflammer, caché pudiquement au creux des poumons jusqu’à ce qu’il s’épanouisse dans un éclat de rire, une exaltation, un état de sérénité….
Ma tête était libre à rêver, à inventer, à imaginer mon monde…
Mon enfance était ensoleillée de ces trois soleils qui ne me quittent jamais.
Grâce à eux, je me suis sentie heureuse, joyeuse et protégée, aérienne comme si le temps ne courait plus.
Peu importe les évènements extérieurs, mon foyer était au chaud dans mes entrailles. C’est probablement ce que l’on appelle la sécurité affective, ma lumière et mon guide à présent.
Cette joie de l’enfance je l’ai gardée.
À chaque moment où je retrouvais mon frère, il y avait ce rendez-vous, presque amoureux, La réunion de nos deux âmes . Ce n’était jamais banal et il n’y avait pas nécessairement de mots. La rencontre passait par le sourire, l’éclat de nos deux mondes qui s’assemblaient, notre reconnaissance, ce lien magique de coeur et de sang que l’on nomme fraternité.
Nous étions toujours profondément heureux de nous voir, de nous voir encore et de nous revoir.
Quand mon frère est tombé malade, un de ses ultimes plaisirs était de me regarder. Lui qui pourtant ne supportait pas qu’on le dévisage.
il me regardait, il me contemplait presque, comme pour retenir un peu de notre vie, un peu de cet instant, simplement de ce bonheur parfait.
Il me regardait m’assoupir au générique du film, pleurer devant l’écran de cinéma, faire de l’œil façon biche effarouchée a un ténébreux passant.
Il me regardait. Il vivait.
Les années ont passé, les drames impensables.
J’aime me réfugier dans ce foyer au creux de mes entrailles, y retrouver mes soleils, cette sécurité, et la joie qui grâce à cette enfance ensoleillée, m’habite chaque jour.
Carole Hersent

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8 commentaires sur “L’enfance ensoleillée

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