La nuque

Le frôlement de sa main sur la nuque lui rappelait sa présence.

Les bottines de Marthe s’enfonçaient dans le crissement gracieux de la neige fraîche et épaisse.

Le ciel s’était allumé de plumes dès le matin, et les flocons enlaçaient les nuage bas et blanchis qui recouvraient la plaine.

On ne distinguait plus à l’horizon le ciel de la terre . Ils s’évanouissaient dans un même terrain de jeux. Chaque pas devenait une décision de modifier le tableau blanc.

La neige allume nos âmes d’enfant.

La manière de recevoir une caresse connecte un individu a l’autre. Le toucher est peut-être l’un des sens qui vous encre le plus au coeur de la vie.

Tandis que les flocons s’évanouissaient sur le visage de Marthe, tout Lui semblait infini.

Le frisson habite le coeur jusqu’à l’ indicible joie.

« Mon amour, comment puis-je t’appeler autrement?  »

le geste répété, anodin et sensible comme un effleurement machinal traduisait de leur relation.

La tendresse est cette attention de prendre soin de l’autre, habité de sa présence.

Tandis que sa main se jouait de sa nuque, la caresse douce et facile était libérée d’une attente plus intime . Lui comme elle pouvaient en décider autrement, dans une simple intention donnée au geste, au regard, au souffle.

Nuque dégagée

La promesse du baiser

Vos lèvres en disposent

Carole HERSENT

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